Souad Abderrahim, toutes voiles gonflées

Salah Ben Omrane le jeudi 10 novembre 2011 à 22H40

Souad Abderrahim

* Voir extrait de l’intervention traduit en bas de la page . 

Souad Abderrahim a été élue à l’Assemblée Constituante en figurant sur la liste du parti politique tunisien Ennahdha  à Tunis II. Elle est une pharmacienne qui s’est ralliée à ce parti sans se voir dans l’obligation de poser un foulard sur ses cheveux. Ce non geste de ne pas se couvrir la tête ou ce signe de liberté, n’est pas choquant en soi et ne le devrait pas, mais venant d’une femme qui appartient à un parti politique revendiquant une conduite conforme aux préceptes de l’Islam, il suscite malgré tout de la curiosité. Il lui vaut déjà le mérite d’attirer l’attention des projecteurs de la télé . Elle n’arrête pas de courir entre les plateaux et les micros des radios.  Par la même occasion , son choix de ne pas porter le voile, désavoue tous ceux qui étaient persuadés qu’une femme devrait se couvrir la tête pour entrer dans les rangs de ce mouvement politique et surtout gagner la confiance de ses dirigeants. Ennahdha semble être  au dessus de cette considération vestimentaire.

Depuis que chacun sait qu’elle fera partie des 217 membres de l’Assemblée , elle suscite encore plus la curiosité des médias aussi bien tunisiens qu’étrangers. Ils lui réclament tous d’intervenir sur des sujets divers et variés , dans l’espoir de trouver chez elle des éléments de compréhension de son parti , des éclaircissements sur le chemin qu’il va prendre dans les prochains jours et pourquoi pas déceler en elle, les espoirs que porte le parti Ennahdha sur son égérie, qui était , il y a peu ,  inconnue du grand public. Il faut reconnaitre qu’elle est la surprise d’Ennhdha , de ce parti, qui se réclame de tendance islamiste, qui vient d’accomplir un doublé , à savoir: faire surface officiellement et rafler quelques mois plus tard le tiers des sièges à l’Assemblée constituante. Le tout , dans un laps de temps record .

Que le Parti mette en valeur Souad Abderrahim , on peut tout à fait comprendre qu’il veuille tirer profit d’un certain look d’une femme qui se revendique attachée à sa religion qu’est l’Islam, tout en étant débarrassée d’un signe vestimentaire que certains musulmans ou non musulmans, estiment , par ailleurs à tort , indispensable pour solliciter la miséricorde divine .

Voici quelques phrases tirées de son intervention traduite (un extrait en en bas de page). Elles  sont assez significatives de la mesure dont elle aborde la question des mères célibataires  qui ont du mal à faire valoir leurs droits avec l’administration tunisienne :

1 : « Je vous jure que je suis étonnée d’entendre ce genre de sujets concernant une société tunisienne musulmane . »

2 :« On va pas dire qu’on va faire pour une femme célibataire une loi qui la protège . »

3 : « Dans un pays  musulman arabe on dit qu’on va faire une loi pour protéger les droits des femmes célibataires ? »

 4 : « Celle qui est volontaire, se marie ! Elle se met dans une société de non droit et après on lui donne une solution ? Ceci n’est pas raisonnable dans notre société arabe musulmane»

5 : « D’après vous , puisqu’il y a des gens qui se droguent , on doit faire des lois qui protègent les consommateurs de drogue ? »

 Avec une logique fallacieuse, elle substitue le regard de la loi qui réglemente la vie en société, par une loi coranique imaginaire dont elle n’a pas fait état, ni d’aucun de ses articles, faisant mine comme si elle était déjà en cours d’application .Elle passe avec un sophisme époustouflant, de l’étonnement, par le simple fait qu’elle puisse entendre que des cas soient évoqués publiquement à la radio , des cas qui semblent ne pas convenir à lui parvenir jusqu’à l’oreille, car ils correspondent à des modes d’existence de certaines jeunes femmes qu’elle rejette en bloc , en les qualifiant de zones de non-droit , sans ménagement , à  asséner des supposées lois correspondantes à un ordre de convenances « dignes » d’un pays mythique, conforme à la loi islamique. Des prétendues lois islamiques que ni elle, ni aucun autre membre de son parti n’a cru devoir communiquer publiquement et à la disposition des électeurs ,avant le 23 octobre dernier , pendant la campagne électorale.

À côté de ses positions et sa précipitation à Talibaniser la Tunisie , le Mollah Omar peut aller se rhabiller et faire un tour de moto pour s’aérer l’esprit et la tête ! 

Mme Abderrahim s’est révélée être plus « une perle » pour les médias que pour son propre parti . Elle semble condenser en elle même, tout ce que les journalistes espèrent trouver en informations sur le parti Ennahdha . Elle est une bonne cliente et se plie volontairement au jeu des médias. Sa récente intervention sur RMC, montre que ce jeu a des limites et que parfois ,il peut s’avérer fatal pour ceux qui ignorent certains codes .Que la spontanéité en livrant aux journalistes des propos sans une réflexion sérieuse sur le sujet relevé , se paie cash et au détriment de son auteur. Elle en a fait les frais à ses dépens . Elle est l’illustration parfaite de la fragilité dans sa composition. Telle une  huile toilée fabriquée en toute hâte dans un atelier, elle est encore fraîche pour l’exposition . On laisse sur elle l’empreinte de ses doigts à peine si on la touche . Tout juste qu’elle vient d’être désigné de symbole de la voie féminine et moderne du parti et voilà que la fissure s’est produite en public. Une fissure provoquée par des incisives de rongeurs. En l’absence d’un parquet à rayer, elles s’attaquent au Code civil. Un code qui doit être remanié, sans attendre, afin d’améliorer et mieux protéger la condition féminine par des droits que Mme Abderrahim ne peut nier ,ni d’ailleurs aucun autre prétendu Mufti à deux sous, à la solde d’un Wahabisme dégoulinant de pétrole ne puisse lui souffler la bonne réponse . Les couleurs dégoulinent si vous préférez rester dans la peinture. De la précipitation ! En acceptant de laisser approcher ses lèvres du micro, déjà n’est pas conseillée lorsqu’on n’a pas étudié une question et travaillé sur le sujet . cette carence  n’est pas la seule en cause. L’amateurisme s’y joint aussi. Quant à sa position partisane , elle vient de prendre un coup de fouet , en jouant exclusivement sur l’exploitation de son image de « femme moderne » et en faisant croire que l’essence de la modernité dans les projets n’est pas si indispensable que ça , qu’un look suffit pour faire l’affaire . À force de tirer sur des cordes opposées, entre la forme et le contenu, cela ne pouvait que craquer . Car , contenir des contradictions à l’image même du mouvement Ennahdha , le parti vainqueur, n’est pas une opération de tout repos. D’autres ne manqueront pas d’y voir dans ce dernier acte, la confirmation du « double discours » et transposer cela sur le parti même. Certains membres du parti , ceux et celles qui guettent ce type de dérapage , l’attendent au tournant, ne manqueront pas de lui faire endosser cette séquence cauchemardesque qu’ils compteront pour un désastre dans le parti. Un faux pas dans le registre de la Communication .

La première séance de l’Assemblée constituante n’a pas eu lieu et voilà qu’une étoile du parti  explose en plein vol en laissant derrière elle, une trainée de commentaires sur le web.  La révélation est que les porteurs des reliques d’un Islam rétrograde, décalé de la réalité et des véritables préoccupations des gens , sont au seuil de la porte de l’Assemblée des élus .Évaporées les idées novatrices d’un parti qui se réclame ouvert au dialogue quand ce même parti nie tout simplement la réalité sociale de la condition féminine.

Hier encore le parti érigeait en slogan de campagne électorale « la dignité du Tunisien ». Aujourd’hui , par la négation des droits d’une catégorie de Tunisiennes , par des affirmations sorties de la bouche de sa représentante, oui ,cette dignité vient d’être malmenée , bafouée et  piétinée .

L’animatrice de RMC l’a  invitée pour intervenir sur un sujet bien précis relevant du Code personnel, particulièrement le statut de la famille et celui la femme. Mme Abderrahim a semblé avoir les coudées franches pour nuancer entre ce qui est bon à faire valoir et ce qui n’est pas bon et à lui nier l’existence. Elle s’y voit déjà aux commandes du pays. Logiquement un sujet pareil aurait dû être du pain béni pour une femme nouvellement élue. Quoi de plus « naturel » que de défendre une cause chère à tant de femmes. C’était un sujet facile pour une novice. Mieux, un sujet qui aurait pu lui additionner quelques fans de plus  si elle avait pris les précautions de montrer quelques signes de respect à l’égard de quelques Tunisiennes. Pourtant ,on ne lui a pas demandé de donner son avis, s’il fallait ou non continuer à laisser les élèves disséquer les grenouilles dans les cours des sciences. On lui a juste demandé son avis sur ses semblables qui ne sont ni plus ni moins Tunisiennes qu’elle, ni plus ni moins respectables qu’elle ,et surtout que toutes ont des droits peu importe le mode de vie qu’elles ont choisi de mener . Et parmi ces droits , il y a ceux qui sont à défendre et d’autres qu’il est nécessaire de les inscrire dans la loi en tenant compte des changements intervenus dans la société tunisienne  et des modifications. Ni Ennahdha ni aucun autre parti n’est  en mesure d’inventer la machine qui fige le développement de la société civile. Tous ne peuvent que suivre ,s’accrocher au wagon du temps ,de l’espace et de l’électronique sous peine de se retrouver largués eux et leurs adeptes de secte. Les juristes d’Ennahdha ont manqué à leur devoir . Ils ont omis de lui souffler à l’oreille que le droit et la morale sont deux phénomènes différents et ne se confondent pas ou de lui indiquer, de répondre tout simplement « je ne sais pas » quand c’est nécessaire.

Qu’a-t-elle fait ? Elle a foncé sur ce sujet, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine !  Tel un gant de velours qui camoufle une main de fer . La main d’un parti politique se trouvant sur le point de poser son pied dans l’Assemblée Constituante .

À entendre le passage de son intervention sur Radio Monte Carlo Doualya , il y a matière à formuler quelques interrogations , quelques craintes et pas seulement concernant le sujet qu’elle a arboré.

D’abord ,on ne peut que lui donner raison lorsqu’elle affirme que ce n’est pas la révision du Code du statut personnel qui est visée . En effet , il semble qu’on soit face au programme d’une entreprise de démolition de l’ensemble des codes , qui  se prépare  .

Sur quel fondement , elle nie l’existence juridique d’une catégorie de Tunisiennes ?

Cela a été explicitement évoqué et révélé dans l’interview même : Il faut plaire à certains États musulmans et arabes par crainte de s’exposer à la honte .

Une question donc s’impose : Qui sont  précisément ces États arabo-musulmans qu’il faut craindre ou devant qui, il faut faire preuve d’allégeance ? Elle a manqué de les citer . Qu’est ce qu’ils ont fait ces pays ou peut-être qu’est ce qu’il ont donné et combien  et à qui ,pour tenir tant à les honorer, remercier en retour,  leur plaire, sous peine d’avoir «honte» sic ? 

Signifie-elle par ses propos que la Tunisie n’est pas un pays libre et indépendant ?

Voici l’extrait de l’interview . Traduction à partir de la deuxième minute  :

Nadia Chaabane (invitée de l’émisision ): La femme tunisienne qui a des enfants et qui n’est pas mariée n’a pas une loi qui la protège. Nous qui vivons à l’étranger nous avons des milliers de Tunisiennes qui sont mariées par des non musulmans . Elles ont des problèmes sur le fondement que leur mariage n’est pas reconnu .Comment faire ? Aujourd’hui en tant qu’individu responsable, je dois donner une réponse légale et non une réponse morale disant que cela me plait ou cela ne me plait pas cette situation . L’affaire n’est pas que je sois d’accord ou pas d’accord . Il faut une solution légale ! Il faut sortir de la réponse de ceci est bien et ceci est mal .  Il faut aujourd’hui se dire qu’est ce qu’on fait et comment en réponses juridiques. Donc si on parle d’égalité de droits ,on doit parler des droits absolus et elle doit répondre comment inscrire dans la constitution cette chose ? Comment le garantir ? Aujourd’hui le parti Ennahda dit qu’il ne va pas défaire le Code du statut personnel mais ce code date de plus de cinquante ans et la société a évolué et les femmes Tunisiennes ont des réclamations depuis les années soixante dix .

L’animatrice : On va poser la question au Docteure Souad .

Souad Abderrahim : Je vous jure que je suis étonnée d’entendre ce genre de sujets concernant une société tunisienne musulmane .

L’animatrice : Il y a de nombreuses craintes ?

Souad Abderrahim : La liberté ne peut pas être totale. La liberté se fait avec le respect de la justice et des lois suprêmes , la pratique actuelle, les convictions. On va pas dire qu’on va faire pour une femme célibataire une loi qui la protège .

Nadia Chaabane : Qu’est ce qu’on lui fait ? On la jette ? On la tue ?

Souad Abderrahim : On ne fait pas tomber des programmes sur la société tunisienne, je m’excuse . Dans un pays  musulman arabe on dit qu’on va faire une loi pour protéger les droits des femmes célibataires.

Je ne suis pas spécialiste de droit mais on doit préserver nos morales suprêmes . On préserve nos morales au niveau de la modernité .Ce sont des problèmes étranges à la société tunisienne.

Nadia Chaabane :Pour celles qui sont victimes d’un viol ,comment on doit procéder juridiquement ?

Souad Abderrahim : Je m’excuse , celles qui sont victimes d’un viol doivent être intégrées dans le cadre de la loi .

L’animatrice : Donc il n’y aura pas de solution pour ce genre de femmes ?

Nadia Chaabane : Regardez , il y a une solution pour les problèmes qui arrivent aux gens . Le viol , comme elle a dit .

L’animatrice : Et celle qui est volontaire ?

Souad Abderrahim : Celle qui est volontaire, se marie ! Elle se met dans une société de non droit et après on lui donne une solution ? Ceci n’est pas raisonnable dans notre société arabe musulmane . j’ai honte devant les Étant arabes lorsque j’entends une militante dans notre pays parle avec un langage de la sorte . C’est la vérité ! Il y a une honte profonde . La femme tunisienne est un diamant qu’on regarde et qu’on protège . On ne peut pas dire aux gens que la femme tunisienne , maintenant , elle fait ce qu’elle veut .

Nadia Chaabane : Je ne vous dis pas qu’elle fait ce qu’elle veut. Je vous dis qu’aujourd’hui on a des problèmes que nous affrontons en tant que femmes . Nous affrontons une réalité avec laquelle ont doit réagir . Je dois avoir une solution juridique .

Souad Abderrahim :D’après vous , puisqu’il y a des gens qui se droguent , on doit faire des lois qui protègent les consommateurs de drogue ?

Nadia Chaabane : Non . Avec l’exemple que vous venez de fournir cela signifie que la femme qui a été violée et qui a eu un enfant ou celle qui a choisi de faire un enfant , je dois la punir ?

L’animatrice :  Elle a dit : il faut qu’elle se marie ! Il y a bien donc une différence de droits entre l’homme et la femme ? L’homme peut faire ce qu’il veut et la femme n’a pas le droit .

Souad Abderrahim : Même l’homme ne peut pas faire ce qu’il veut. Lorsqu’un homme a des enfants en dehors du mariage est puni. Ceci existe. On l’appelle les acquis de la femme. Pourquoi on ne le tolère pas chez la femme et on le tolère chez l’homme ?


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7 commentaires pour Souad Abderrahim, toutes voiles gonflées

  1. el haj dit :

    Aprés le cheikh a propos du probleme de l’adoption ,elle ne fait que suivre le cours de son patron pour les filles ou femmes qui ont ete trompés ou se sont trompés C’est Ennahdha , vous n’avez pas compris ils ne sont la pas pour la retablir les droits des citoyens ,de la démocratie etc… ,ils ont été élus parceque une partie des Tunisiens croient que ce qui leur est arrivé ces derniers 50 ans est a cause de leur eloignement de la religiion et ainsi avec eux la morale et la religion sera de retour et qui sait peutetre la prosperite,les tunisiens n’ont que ce qu’il mlérite ;ils lont choisi cette fois !!!!!,et ils doivent assumer Souad et Cie Comme dit le proverbe populaire hedhi il bidaya ou mazzal mazzal

  2. ayoub dit :

  3. pas dupes dit :

    Je trouve la question posée totalement inappropriée .Elle a peut-être mal répondu, mais elle n’a pas tort .Les femmes en question représentent une imfime partie de la population, on ne va pas créer un cadre juridique spécifique à ces femmes, cela ne peut qu’inciter à ce que le nombre de ces femmes augmente. C’est un risque et elle parfaitement raison de fermer cette porte .On ne va pas discuter de ce qui a pu pousser ces femmes dans cette situation , ni leur jeter l’opprobre.Mais on ne peut pas demander à cette femme de vous faire plaisir à vous et aux quelques personnes qui ont la même position et qui l’ont affiché sur leurs blogs.Cette femme représente un électorat qui est contre la légalisation de ce genre de situation, elle ne peut donc pas aller dans votre sens et elle a parfaitement raison.Vous pouvez bien essayer de la faire passer pour ce qu’elle n’est pas , elle ne fait que donner l’opinion majoritaire qui n’est pas seulement représentée par les quelques 41 % de Ennahda mais par la majorité des tunisiens et des tunisiennes.Le problème est que sur vos blogs, on a l’impression à vous lire, que c’est vous qui détenez cette majorité, que c’est vous qui connaissez les choix du peuple et que vous pouvez parler en son nom .On en a déjà discuter bien avant les élections et vous avez eu votre réponse, c’est vous qui avez été désavoué.Il serait bon d’en tenir compte une bonne fois pour toute et de ne pas parler comme vous le faites en faisant passer cette femme pour une martienne qui n’aurait pas sa place dans le pays.C’est elle bien au contraire qui a sa place dans notre pays et c’est vous qui semblez arrivés de je ne sais ou .Vous pensez pouvoir faire pression et ouvrir des portes en agissant de cette façon mais vous aurez beaucoup de mal et si l’on demandait au peuple d’exprimer son opinion sur un tel sujet, vous seriez très vite désavoués .

    • @ Pas dupe
      « Les femmes en question représentent une infime partie de la population, on ne va pas créer un cadre juridique spécifique à ces femmes, cela ne peut qu’inciter à ce que le nombre de ces femmes augmente. C’est un risque et elle a parfaitement raison de fermer cette porte . »

      Une véritable démocratie se reconnait dans son degré de protection de ses minorités,sinon qu’est ce qu’une majorité déjà si ce n’est qu’un ensemble de minorités? Un(e) politique qui, avant même d’honorer son mandat, procède par un discours d’exclusion, on peut être sûr qu’à la fin de son mandat, il (ou elle) finit par ne reconnaitre qu’une minorité dans toute la population et qu’on appelle : une dictature. La Tunisie a été gouvernée pendant un demi siècle par des gens qui ne voulaient pas voir les particularismes , les spécificités et les différences. Là où il y avait de la misère , ils(ou elles) disaient que tout va bien. La où il y avait des malades mal soignés, ils disaient que nous avons les meilleurs hôpitaux et le meilleurs médecins, là où il n’ y a ni électricité ni eau, on passait des reportages à la télé pour dire que le 26/26 a remédié à la souffrance des villages dans le centre du pays. Le pays était rongé par diverses maladies de santé , économiques, politiques et sociales et une minorité allait faire ses emplettes à Paris, à Rome et ailleurs dans les magasins chics, dans un avion aménagé tout confort : Air Force Ben Ali. Des politiques ont commencé leurs carrières en étant des borgnes, en excluant chaque jour une partie de la population, la traitant de « minorité » et ils ont fini par devenir aveugles, sourds muets et ne voyaient que les intérêts de leur minorité . Que ce soit cette dame ou une autre personne qui s’attaque à une minorité , et qui commence à faire une constitution spéciale pour les nantis, seulement pour ceux qui se portent bien ,ce blog se destine à les dénoncer publiquement .

  4. Adel Majri dit :

    أخيرا أتى من أخرجك من صوابك وجعلك تصرخ وتشهر مخالبك وأنيابك ، كما حصل أيضا في مقالك حول البنت التي اضطهدها رجال الشرطة خلال مضاهرة في شارع الحبيب بورقيبة . لكنك كنت هذه المرة أعنف . فكانت عبارتك أحد ومقاصدك أوضح . شكرا لكم يا مدونون ، فاسلوبكم جد جريء ومفرداتكم أقرب للقلب وسلاحكم أحدث وأنجع !!!

    • أولئك الذين يستغلون مواقعهم المهيمنة بمهاجمة الضعفاء لا يجتذبو تعاطفي. هم كالضباع والنسور التي تملأ البطن بجرحي الحياة . لا وجود أي شجاعة, لا في أعمالهم ولا في مواقفهم

  5. Adel Majri dit :

    الحرب بدأت ، التعبئة بدأت . الواجهات بدأت تتكون . ما يبدو خاصا بالمجتمع التونسي هو عام في كل الديمقراطيات . المجتمع يصبح حلبة لحرب افتراضية ، كما سماها المرزوقي ، بين قوى محافضة ، تكره التغيير والتحول ، تسعى للمحافضة على ما هو موجود وتعتقد أن لا خيار له ، وقوى تقدمية ، الإنسانية وازعها، الكرامة شعارها والدوغمائية كما التحجر أعداؤها . فلتكن حرب بلا هوادة وليكن النصر لنا !!!

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