Salah Ben Omrane le 16/08/2026 à 12:15

Friedrich Nietzsche – Philosophe allemand
Dans une vidéo que publie Olfa Abid, bloggeuse tunisienne, sur sa page Facebook, elle s’interroge sur les motivations de l’expéditeur qui l’a désignée, sans qu’elle ne comprenne le pourquoi elle a été choisie, pour recevoir un extrait vidéo pareil dans lequel on aperçoit deux individus frapper violemment un cheval sur son front.
Qu’attend l’expéditeur par son envoi ? Qu’elle le publie sur un réseau du net ? Lui aussi, il est capable de publier l’extrait. Il est capable également de dénoncer l’acte délictueux par un signalement auprès du représentant d’une autorité judicaire voire en y faisant part à une association de protection des animaux.
Sans aucun doute, ce sont des images qui ne peuvent que mettre en rage tout individu sain d’esprit. [Ceux qui ne supportent ce type de violence ne sont pas obligés d’appuyer sur ce lien ]. Olfa Abid dit qu’elle se trouve dans une position embarrassante sans comprendre véritablement ce que voulait lui signifier comme message l’expéditeur de l’extrait vidéo controversé. Néanmoins elle ne s’est pas arrêtée à cette formalité du choix du destinataire puisqu’elle est entrée rapidement dans le vif du sujet. Bien évidemment elle a manifesté son choc par les images tout en dénonçant le traitement cruel infligé au cheval qui est caractérisé par une extrême violence qui émane de deux individus sur une plage entourés d’enfants. Les images montrent bien deux malfrats qui se conduisent mal publiquement vis-à-vis d’un cheval, où chacun à son tour, donnent des coups de bâton sur la partie frontale de la tête du cheval. La scène se déroule sur la plage au bord de la mer. On voit quelques jeunes enfants qui sont autour des deux assaillants enragés et du cheval victime de violence interdite par la loi. Olfa Abid estime que l’action des deux individus pourrait engendrer plus tard de fâcheuses conséquences sur le comportement avec les animaux, de la part des enfants présents qui ont assisté au crime et au premier rang de la scène. Qui peut garantir qu’ils ne seraient pas enclins, de reproduire, un jour, le même type de comportement suintant la cruauté vis-à-vis d’un animal dès lors que des conditions identiques à celles qu’ils venaient de vivre sur la plage, se retrouvent en présence d’un autre animal ? En effet la gravité de l’acte des deux individus va au-delà de ce qu’ils viennent de commettre sur la plage, ils viennent, et pourquoi pas, de fabriquer parmi les spectateurs jeunes, de potentielles bombes remplies de haine et de négation de l’autre être, dans l’attente que quelqu’un par maladresse ou par accident déverrouille le crochet de la détente et libère ainsi toute l’énergie destructrice « enseignée » quelque part depuis des années.
La législation tunisienne sanctionne la maltraitance des animaux, mais il est temps que le dispositif législatif soit également protecteur aussi bien que dans la majorité des autres pays du monde avec qui il faudrait se mesurer.
Le texte principal de notre matière est l’article 317 du Code pénal tunisien. Dans l’aliéna qui correspond à la situation, d’après les images retransmises par Olfa Abid, le Ministère Public est fondé pour initier une action selon ce qui est disposé dans la loi (traduction en français) : « les personnes qui infligent publiquement de mauvais traitements à des animaux domestiques dont elles sont propriétaires ou dont elles ont la garde. . . ». Il est prévu également dans la loi une peine d’emprisonnement en cas de récidive qui deviendrait applicable obligatoirement en cas de récidive.
Seule limite actuellement dans le dispositif législatif de protection des animaux contre les mauvais traitements des animaux est un obstacle en attente d’être franchi correspond à la situation présente où le droit tunisien ne traite pas encore systématiquement l’animal comme une victime juridiquement autonome. C’est-à-dire, que la loi devrait le considérer en tant qu’« être » ayant des droits et des obligations même s’ils ne sont pas formulés chez l’animal par le langage oral et écrit de l’espèce humaine ! Avec l’avancée de la législation en la matière, il serait nul besoin de recourir obligatoirement à un propriétaire attitré de l’animal pour que les droits de celui-ci soient véritablement reconnus, revendiqués, préservés et protégés.
Une considération non négligeable sur le chemin de la reconnaissance des droits des animaux. Cela modifierait en substance la nature de leur protection essentiellement contre le mauvais traitement dont ils font l’objet le plus souvent. Le but de la manœuvre est que l’Autorité judiciaire n’intervienne pas d’une manière autre ou différente pour parer à des comportements cruels contre ls animaux ou réprimer l’auteur ou les auteurs des actes de cruauté envers un animal signalé en victime de sévices, que cet animal soit attaché à une propriété quelconque ou non. Le fait que l’animal soit distingué des autres animaux justes par le fait qu’il soit écrit qu’il est « une propriété » ou qu’il soit « sans propriété déclarée », est un facteur qui ne devrait pas apporter de modification dans la qualification juridique des actes de violence s’ils sont commis contre lui. Le principe est que tous les animaux sont des êtres vivants qui, aux besoins, certains peuvent nécessiter des interventions publiques par des soins, de l’aide pour subvenir à leurs besoins vitaux et essentiels qui sont quotidiens. En droits, il ne devrait pas y avoir une différence entre un chien errant perdu dans la nuit dans une rue mal fréquentée, cherchant de l’aide et de la protection et un cheval de course entouré par une armada de soigneurs postés à son chevet et qui rapporte un pognon de dingue à son propriétaire.
Dans l’affaire soulevée par l’extrait vidéo, il y a indiscutablement des infractions annexes à relever et des circonstances, sans doute aggravantes qui accableraient les assaillants qui s sont associés en frappant le cheval sur le visage avec un bâton rigide.
La scène vidéo en question qui montre bien la cruauté humaine vis-à-vis d’un cheval rappelle à un moment précis où la vie du philosophe Friedrich Nietzsche a complètement basculé : Le 3 janvier 1889 pendant qu’il était à Turin, il avait assisté à un drame similaire qui l’a traumatisé pour le reste de sa vie alors qu’il n’avait que 44 ans et qu’il était en toute plénitude dans l’exercice de ses facultés intellectuelles à travers des interlocuteurs divers et variés sur le continent européen avec lesquels il était lié dans différentes activités et divers domaines qui faisaient l’objet de son travail et de ses centres d’intérêts divers et variés.
À Turin, ce jour-là de janvier 1889, le philosophe vît un cocher frapper violemment son cheval épuisé, qui montrait des signes de relâchement et de faiblesse. Nietzsche qui ne pouvait pas supporter davantage la situation, il s’est approché de l’animal en souffrance puis il lui a enlacé le cou en pleurs au point de s’effondrer lui-même à sa proximité.
Depuis ce jour, Nietzsche est entré dans une crise de folie. Il s’est muré dans le silence. Il s’est réfugié auprès de sa mère qui s’est occupée de lui, ensuite après sa mort, sa sœur avait pris le relais en le prenant à sa charge jusqu’à son dernier souffle en 1900.
Inutile de rappeler à quel point les conséquences du drame qu’a vécu Nietzsche à Turin sont à l’origine de quelques ravages qui n’ont pas cessé de se poursuivre. Dans cette circonstance de cruauté, il s’est avéré que c’est le dictat de l’ignorance et de la sauvagerie qui font « lois » malgré tout et après tout.
Qui aurait pu s’imaginer qu’un cocher qui, il y a deux siècles, qui a fait monstration d’une cruauté vis-à-vis de son cheval dans la rue, puisse encore ressusciter en faisant parler de lui ?
Le voilà déferré et posé sur la sellette, après sa mort, sommé de devoir répondre aux accusations qui en réalité, il ne les a jamais reçues, semble-t-il de l’autorité policière ou judiciaire de la ville de Turin. Il faut reconnaître également que la ville de Turin ne s’était pas préparée à cette époque pour couper court à ce qui allait devenir une histoire incompréhensible d’un cocher qui a frappé son cheval et qui s’est retrouvé avec un bonhomme accroché au cou de son animal puis il est tombé allongé dans une folie avec un langage incompréhensible. Il s’est révélé par la suite, qu’il s’agirait d’un grand monsieur qui écrivait beaucoup et qu’il était bien connu dans toute l’Europe surtout dans les milieux des écrivains et de l’art. Une histoire qui fait parler de la ville de Turin et la rend encore plus célèbre mais sans garantie que ce qu’on dit soit pour flatter la réputation de ses habitants. Les gens entendront des choses mais personne ne pourra intervenir pour donner des explications.
Les dommages à la suite de cet évènement turinois, qui s’est déroulé le 3 janvier 1889, sont tragiques pour toute l’humanité. C’est un acte de cruauté d’un cocher contre un cheval, qui a conduit à l’enfermement définitif dans un état de folie l’écrivain, le penseur, le philosophe, l’homme des arts Nietzsche sont tragiques. Ils sont incommensurablement difficiles à évaluer.
Le monde des sciences et du savoir a été privé d’un potentiel apport précieux mais qui a été rendu inexistant. Un effet similaire aux conséquences d’incendier une bibliothèque qui priverait quiconque de pouvoir dire ce qu’elle contenait.
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