Salah Ben Omrane, samedi 01 août 2026 à 21H18
Était-il nécessaire qu’« Emmanuel Macron prenne l’initiative de faire savoir publiquement et médiatiquement qu’il « demande au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de renforcer les contrôles à la frontière… » après le débarquement de milliers de personnes venus du Maroc et qui ont emprunté l’enclave espagnole de Ceuta ?
Aurait-il fait cette demande avec les mêmes considérations d’égard, sans se soucier d’une possible future réponse dans le même ton, d’un égo qui pourrait se sentir touché à vif, si le destinataire de son message aurait été Bruno Retailleau, encore le ministre de l’Intérieur ?
Rappelons à cette occasion que si Laurent Nuñez doit s’attendre à recevoir des orientations concernant le programme de son activité professionnelle, cette fonction revient en premier lieu à son supérieur direct qui est le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Qu’est-ce que cela va changer sur le terrain maintenant que le Président Macron a fait cette intervention ?
Il y a Donald Trump, réputé pour qui le franchissement intrusif de la frontière, est un sujet grave qu’il faut traiter en toute priorité et fermeté lorsqu’il s’agit de son propre pays, les USA.
Cependant rien n’est moins sûr qu’on obtiendrait une réaction chez Donald Trump, qui désapprouverait ou condamnerait l’entrée massive de migrants non désirés sur le sol espagnol. Qui sait ? Ne sait-on jamais si cet évènement pouvait le distraire, compte-tenu des liens dont on peut dire qu’ils ne sont pas de la meilleure qualité amicale entre sa propre personne et les dirigeants de l’État espagnol en ce moment précis.
On peut de suite rejeter la thèse que certains pourraient oser y penser, à savoir que derrière le déplacement massif des entrants illégaux en Espagne, il y aurait une manipulation qui aurait pour objectif de nuire à l’Espagne ainsi que de mettre dans l’embarras les dirigeants politiques espagnols. Le mobile ? Il est tout simple à identifier en considération de la politique générale espagnole, principalement à l’initiative de son Premier ministre Pedro Sánchez où rien n’a été fait pour plaire à Donald Trump comme il le réclamait auprès de tous les dirigeants de tous les États dans le monde.
Lorsque Donald Trump avait décidé, conjointement avec Israël, d’attaquer l’Iran il avait sollicité ouvertement les États européens de le joindre dans cette tâche. L’Espagne fait partie des pays qui n’ont pas hésité à exprimer clairement leur négation à l’appel de Trump. L’Espagne n’ a fait aucune tentative, ne serait-ce que minuscule, même en lui faisant semblant d’y croire à son projet d’attaque de l’Iran. Pour ne pas faciliter les relations avec Donald Trump, le Premier ministre Pedro Sánchez, s’est opposé à la traversée de l’espace aérien espagnol à tout aéronef qui transporterait des armes ou des munitions vers le Moyen-Orient. Mais le plus dur à encaisser aussi bien par Trump que par Netanyahou, est la manifestation de solidarité par les Espagnols, dans la rue et officiellement par l’État, avec les Palestiniens qui continuent à ce jour de subir des répressions, des injustices et des exactions du gouvernement colonialiste israéliens. Ce qu’est devenue Gaza est l’illustration du degré de violences intolérables et injustifiées.
Le Premier ministre Pedro Sánchez a bien entendu Emmanuel Macron dicter les recommandations à Laurent Nuñez, « de renforcer les contrôles à la frontière… ». Et s’il trouvait que de telles recommandation soient inappropriées, inopportunes, vexantes et assombrissantes du ciel pyrénéen ? Pourquoi persiste–on à faire dans le doute face à un pays ami-voisin qui vient de s’illustrer par sa réussite incontestable dans le jeu collectif et le faire confiance à ses coéquipiers, en gagnant le trophée de la coupe mondiale de football 2026 ?
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