Yadh Ben Achour invité sur Arte

Salah Ben Omrane,  vendredi 12 août 2022 à 10:30

   Yadh Ben Achour était l’invité de l’émission 28’ sur Arte cette semaine. Il est revenu sur le référendum qui venait de se dérouler en Tunisie, officialisant l’adoption de la nouvelle Constitution, revue à l’initiative du Président de la République Kaïs Saied.

Extrait de La rencontre télévisée (début à la 6ème minute) :  

« Jean-Mathieu Pernin : Le 25 juillet, les Tunisiens ont adopté par référendum une nouvelle constitution. Cette nouvelle constitution, vous , vous dites que c’est une régression démocratique ?

Yadh Ben Achour : C’est une régression démocratique d’une part, parce qu’elle permet au Président de concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Mais c’est une régression par rapport au Droit, parce que c’est une constitution qui n’honore pas la Tunisie, à mon avis, par ses formules, par sa rédaction, sa forme donc et par son fond. Elle contrevient à tout ce que nous pouvions attendre d’un rebondissement de la révolution. Le Préambule est… , vraiment ? ? , ça restera dans l’histoire du droit constitutionnel mondial comme une pièce dont la Tunisie ne peut pas être très fière. Et puis il y a des régressions au niveau, je le dis, au niveau des pouvoirs présidentiels qui sont exorbitants, absolument exorbitants. Ce n’est pas une présidentielle, c’est du présidentialisme consacré par la constitution. Et puis des formules sur l’article 5, tout le monde en a parlé. Cet article 5 de la constitution qui dit que la Tunisie est une partie de l’Umma islamique, que seul l’État est habilité à mettre en application les enseignements de la sainte religion dans les domaines, etc etc, Le premier jet que le Président a élaboré a soulevé tellement de contestations qu’il a été obligé de le rectifier. Après l’avoir publié au Journal Officiel, il l’a rectifié soi-disant, sous couvert de rectifications d’erreurs matérielles, mais en fait c’est une nouvelle constitution.

Xavier de la Porte : Mais monsieur, elle a été adoptée par référendum cette nouvelle constitution ?

Yadh Ben Achour : Elle a été adoptée par référendum effectivement

Xavier de la Porte : Donc elle est d’une certaine manière désirée ?

Yadh Ben Achour : Pas par tous ! Elle est désirée par les 25 ou 30 %, disons, de la population qui ont participé au vote mais 70 % enfin 70, 75% d la population n’ont pas participé au vote. Et dans cette expression abstentionniste, il y a des gens qui n’ont pas voté pour le Président ni pour la constitution.

Xavier de la Porte : Pourquoi n’ont-ils pas voté ?

Yadh Ben Achour : Pour plusieurs raisons. Certains parce qu’ils ne sont pas d’accord avec la constitution, par boycott donc, c’est un boycott volontaire d’un certain nombre de partis politiques qui ont décidé le boycott. Il y a d’autres partis qui ont décidé de voter le « Non », ils sont extrêmement minoritaires. Mais le boycott ça signifie quand même quelque chose. C’est vrai que ces 75 % de non-participation ne représente pas une hostilité à l’égard de la constitution ni à l’égard du Président mais dans ces 75 % il y a certainement des gens qui manifestent un certain désintérêt vis-à-vis de cette constitution qu’ils n’ont même pas pu lire, qui n’ont pas eu le temps de lire.

Jean-Mathieu Pernin : Yadh Ben Achour, est ce que vous diriez aujourd’hui La Tunisie, après l’adoption de cette constitution c’est un régime autoritaire ?

Yadh Ben Achour :  Ecoutez moi j’étais contre le régime du 25 juillet depuis le début. Le 26 juillet j’ai fait une déclaration à la radio qui a beaucoup circulé, dans la quelle je disais que c’est un coup d’état contre la constitution. Et le référendum procède justement de cette très vaste opération de « coup d’état contre la constitution ». Pour moi, il n’a pas de valeur juridique. C’est un état de fait, je ne sais pas combien de temps il va durer. C’est vrai que ça produit du droit mais malheureusement c’est construit sur une violation très grave de la constitution. C’est ce que j’ai appelé un coup d’état contre la constitution, pas un coup d’état. Je n’ai jamais prononcé « coup d’état » tout seul.« 

Yadh Ben Achour ne fait pas de détours en signifiant son mécontentement en à propos  de la tournure des évènements politiques décidés et initiés par Kaïs SaIed dès le 25 juillet 2021, dont le correctif à la reprise de quelques articles la constitution en faisait partie.  Il est un prof de droit, or dans ce qu’il dit chez Arte, cela ne transparaît pas dans son propos et son statut ne se devine même pas. Il apparaît en simple militant lambda opposé au Président Kaïs Saied  qui se perd dans ses spéculations en décrivant le plus sérieusement les intentions de ceux qui ne se sont pas rendus au bureau de vote le jour du référendum.

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