Quand le bidouillage et le trucage du Coran est toléré mais pas une photo de manif.

Salah Ben Omrane  le mercredi 1er février 2012 à 11:53

     Je lis que le SNJT « déplore« , qu’il « fustige« , qu’il « dénonce« ,  qu’il « admoneste« , qu’il « exprime son mécontentement« ,  qu’il « rappelle à l’ordre« , qu’il « condamne » et qu’il « réprouve« .

            ———————                                                                     

La page de couverture du journal

     Pas un verbe avec des mots durs, n’a été épargné par les journalistes qui se sont exprimés, faisant suite à la condamnation du Syndicat national des journalistes tunisiens de la page de couverture du journal « Al Maghreb » du 29 janvier dernier. Omar Shabou et Zied Krichen, ainsi que le directeur de ce journal, sont passés au pilori. Ceci, à cause d’une photo-montage d’illustration en page de couverture de la manifestation qui a eu lieu le 28 janvier dernier, de l’avenue Mohamed V jusqu’à l’avenue Habib Bourguiba. Résultat de l’affaire, une caravane d’indignation a vu le jour en protestation contre le journal . 

   Voilà ce que ça donne quand on touche au sacré ! On ne plaisante pas avec une photo.

   Il n’y pas l’ombre d’un doute pour joindre le cortège des indignés en affirmant que le photo-montage est un péché. Professionnellement c’est amateur et déontologiquement, il est indiscutablement condamnable. Dans tout monteur, il y a un menteur !

   Il faut dire également que cette affaire nuit à un des directeurs de ce journal , en le mettant mal à l’aise : Zied Krichen. Même s’il n’est pas l’auteur des faits. Il est cependant concerné par son titre et sa fonction dans le journal. Lui qui vient de  passer, il y a quelques jours, sur la scène médiatique en tant que victime d’une agression perpétrée par des Salafistes dans la rue. Pas de chance ! Tout va trop vite.  Cela signifie au moins, qu’on peut être victime un jour mais que cela n’atténue en rien le degré de gravité de sa responsabilité dans une autre action le lendemain. Plus en général, que même si nous reconnaissons que les personnes qui sont au pouvoir actuellement, et qui ont été des victimes placées arbitrairement dans les geôles de Bourguiba ou de Ben Ali, qu’à cet effet cela ne leur confère aucun droit de dire des mensonges ou de se livrer à des falsifications en toute impunité .

    Il  y a un autre montage que je n’ai vu aucune autorité religieuse condamner, aucun journaliste, aucun élu de l’Assemblée Constituante le fustiger. Pourtant cette institution est la première concernée par les faits. Elle a été le témoin direct et l’objet de la défiance et de la supercherie. Il est ce montage dans l’intervention de Sadak Chourou de Souret El Maïda. Comment peut-on être un élu Nahdaoui sans connaitre le Coran, sans relever les mensonges quand on les entend, et surtout sans demander de faire cesser le massacre et le sacrilège quand on est le témoin direct? Pas la peine de s’enturbaner le capuchon de s’embarber les joues, de se déguiser en maitre loyal dans un cirque hideux et lamentable, juste pour faire joli, quand on ne connait pas son livre saint ?

    Cet inénarrable élu a , en effet,  récité un passage de Sourate « El Maïda » en modifiant les deux derniers mots sans qu’aucun ne le rappelle à l’ordre.

Il a dit ceci :

إِنَّمَا جَزَاء الَّذِينَ يُحَارِبُونَ الله وَرَسُولَهُ وَيَسْعَوْنَ فِي الأَرْضِ فَسَادًا أَن يُقَتَّلُواْ أَوْ يُصَلَّبُواْ أَوْ تُقَطَّعَ أَيْدِيهِمْ وَأَرْجُلُهُم مِّنْ خِلافٍ أَوْ يُنفَوْا مِنَ الأَرْضِ ذَلِكَ لَهُمْ خِزْيٌ فِي الدُّنْيَا وَلَهُمْ فِي الآخِرَةِ عَذَابٌ عَظِيمٌ

 »  إِلاَّ الَّذِينَ تَابُواْ مِن قَبْلِ أَن تَقْدِرُواْ عَلَيْهِمْ فَاعْلَمُواْ أَنَّ الله  » عَزِِيزًٌ حَكِيم

 Or dans le Coran , il est écrit ceci :

إِنَّمَا جَزَاء الَّذِينَ يُحَارِبُونَ الله وَرَسُولَهُ وَيَسْعَوْنَ فِي الأَرْضِ فَسَادًا أَن يُقَتَّلُواْ أَوْ يُصَلَّبُواْ أَوْ تُقَطَّعَ أَيْدِيهِمْ وَأَرْجُلُهُم مِّنْ خِلافٍ أَوْ يُنفَوْا مِنَ الأَرْضِ ذَلِكَ لَهُمْ خِزْيٌ فِي الدُّنْيَا وَلَهُمْ فِي الآخِرَةِ عَذَابٌ عَظِيمٌ
إِلاَّ الَّذِينَ تَابُواْ مِن قَبْلِ أَن تَقْدِرُواْ عَلَيْهِمْ فَاعْلَمُواْ أَنَّ  الله غَفُورٌ رَّحِيمٌ

Il a remplacé «  الله غَفُورٌ رَّحِيمٌ  »   par  «  الله عَزِِيزًٌ حَكِيم  « .

   En substituant le « Dieu miséricordieux qui pardonne » par  « Dieu le sage clairvoyant et chéri  » est une manipulation blasphématoire  .

    Une manipulation diabolique qui fait disparaitre Dieu qui pardonne de la Sourate en remplaçant le texte coranique par le Dieu sage et chéri.

   Pour dénoncer ce montage, il n’y a pas de SNJT. Je l’avais écrit il y a une semaine, mais cela ne semble pas concerner les médias en Tunisie. Une photo semble plus sacrée que le Coran chez ces gens qui prétextent leur attachement ou leur respect à l’Islam. Drôle d’attachement qui perd ses polices et qui veut obstruer,hijabiser ses facultés .

   Si seulement cette affaire pouvait concerner ou toucher le ministère, flambant neuf, des affaires religieuses, il n’aurait pas  hésité à réagir illico !

♦○•○♦○•○♦○•○♦

Galerie | Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.