Entre Tunis et Bruxelles, Ennahda tente le tout pour le tout: Le grand écart sans échauffements !

Salah Ben Omrane  le 03 février 2012  à 22:25

   Hamadi Jebali, président du gouvernement Tunisien s’est rendu le jeudi 2 février 2012 au siège de la Commission européenne à Bruxelles. Il était en compagnie du Ministre des finances, du Ministre du tourisme, du Ministre chargé de la réforme administrative, de la Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’investissement et de la coopération internationale et du Secrétaire d’État auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes. Presque le quart du gouvernement a fait avec lui le grand saut. Le but de la manoeuvre est de trouver de « l’appui, du soutien, de l’aide et de la compréhension » des pays de l’union. Pour rassurer ses interlocuteurs, il a insisté dans sa présentation sur « Une Tunisie nouvelle, démocratique et plurielle »

 Le même jour, presque à la même heure et en audio, quand la voix de Hamadi Jebali résonne dans le Palais de l’union, en demandant l’aide des européens et en tentant de les rassurer en décrivant une Tunisie nouvelle fondée sur des principes démocratiques, il y avait une autre voix sur l’onde radio Mosaïque Fm   (vidéo en bas de la page) qui s’est élevée. Elle est celle de Habib Kheder, l’élu à la Constituante, nouvellement installé au poste de Rapporteur général de la constitution dans l’Assemblée. Il a confirmé sur cette station de la circulation d’un projet déjà préparé du parti Ennahda, auquel Appartient Jebali, le Bruxellois pour un jour, et Kheder. Dans ce projet préparé par Ennahda, il est question d’insuffler dans l’article 10 de la Constitution, le principe de primauté de la Chariâ. La Chariâ deviendrait donc, le fondement essentiel  de la législation Tunisienne. Pour parler ainsi, il faut toucher un salaire d’un élu Constituant, dont il n’a cure si les hôtels se remplissent ou se vident de touristes. Peut-être même, que plus les gens deviennent pauvres et affamés, plus ils deviendraient plus sensibles aux discours radicaux des Mollahs tunisiens . Des Mollahs qui « massacrent » en toute impunité même le Coran , preuve de leur ignorance.

 Cette dualité dans les discours, une ouverture affichée à Bruxelles au monde et une fermeture qui rappelle le fouet dans les rues de Kaboul, promise à Tunis, est-ce de l’inconscience ou est-ce qu’il s’agit de l’exécution délibérée d’un programme déjà préparé par les dirigeants du parti Ennahda ?

  Ce double discours est à prendre au sérieux. Tendre la main aux investisseurs étrangers d’un côté et en parallèle avertir en premier lieu les Tunisiens puis les futurs touristes que le régime de la Chariâ ferait loi, n’est pas tout à fait rassurant. Il est peut-être temps d’arrêter le massacre !

  Il y a une incompatibilité entre les règles qui se fondent sur la démocratie et les règles fondées sur les dogmes et sur les principes divins de la Chariâ. Si la liberté religieuse relève de la sphère et du domaine privé, la croyance religieuse , la croyance dans ses dogmes ,ne peut en aucun cas s’imposer à tous et certainement pas en ce qui concerne le fonctionnement de la société. Ceci est le préambule de tous les principes dans toutes les sociétés démocratiques. Vouloir imposer La Chariâ en Tunisie est incompatible, pas seulement avec le discours de Jebali à Bruxelles mais, il est incompatible avec même  son départ vers Bruxelles.

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