El Watanya, une télé tunisienne sous influences

Salah Ben Omrane  samedi  11 février 2012 à 00:00

Salem Labiadh

   Hier à la télévision nationale 2, dans une émission où l’ancien premier ministre Béji Caïd Essebsi faisait partie des invités, Riadh Chaïbi, membre du Bureau politique du parti Ennahda, a poussé l’animateur de l’émission Moez Khadhraoui, à se justifier publiquement sur le  fait  qu la chaine ait annulé la venue, après l’avoir invité: Salem Labiadh.  Il était la principale victime de la soirée et il n’avait rien fait pour endosser ce rôle.

   La rumeur court déjà sur le net, que l’Ex premier ministre, n’y est pas pour rien dans ce rétropédalage discourtois de la chaine envers M Labiadh. Avec son communiqué (en image), Labiadh reprend la même accusation et ajoute que sa réputation dans la défense du courant du Nationalisme arabe compte beaucoup dans cette éviction du débat .

Réaction de Salem Labiadh sur sa page Facebook.    (Sa traduction en français en bas de page)

   La Colère de M. Labiadh est parfaitement compréhensible. Il a pu se transformer en homme invisible au cours de cette émission .

   Riadh Chaïbi, lui, bien présent, s’est adressé à  l’animateur en ces paroles : « Il était prévu qu’il y ait six invités, mais je ne vois que 5 cinq seulement autour de la table. Je remarque que la logique de l’exclusion est revenue. Les batailles contre Ben Ali étaient contre les exclusions. Il n’y a aucune raison qu’un Tunisien ne puisse pas s’exprimer dans un organe de média tel celui de la télévision nationale.  Le docteur Salem Labiadh est un écrivain connu sur Facebook et sur Internet. On a des points de divergence avec lui , mais nous ne cautionnons pas cette exclusion. » 

   C’est traduit tel quel, mais en réalité, ses paroles étaient enchevêtrées avec celles de l’animateur qui insistait pour lui exprimer, qu’il fallait passer à autre chose et que l’indignation a bien été entendue. Les paroles de Riadh Chaïbi entrecoupées par la voix de l’animateur Moez Khadhraoui, qui ne cachait pas son embarras et tentait de les écraser. Il disait ceci : « Cette remarque je l’accepte avec un esprit sportif. Je vous informe officiellement devant mes messieurs (à noter qu’il ne s’est pas adressé aux dames ni aux demoiselles spectatrices . Elles doivent être soit à la cuisine ou elles font de la manicure.) les spectateurs que cette décision a été prise par l’établissement souverain. Il n’y a pas eu de pression. Les conditions de l’émission… Votre idée est parvenue… Je voulais simplement vous dire qu’il s’agit d’une décision prise en toute souveraineté par l’établissement, qui est libre , qui agit avec ses invités comme il veut et comme il l’estime utile selon l’éthique du travail médiatique. J’ai appelé monsieur Labiadh et je me suis excusé auprès de lui. Car il s’agit de conditions professionnelles et techniques qui ont étaient  sans son invitation . C’est clair ?… Ce sont des conditions professionnelles et techniques qui m’ont obligé de prendre cette mesure.« 

  On entend comme version de justification de l’exclusion que « les conditions professionnelles et techniques »  sont la cause. Une réponse telle, dans une salle de théâtre, ferait éclater de rire le public pendant au moins un quart d’heure. Qui a dit que la télévision publique tunisienne est pauvre en idées avec une réplique pareille? C’est notre richesse nationale intarissable qui vaut mieux que tous les puits de pétrole libyen, les pyramides d’Égypte et la grande Muraille de Chine réunis. RAI, BBC, ZDF, CNN, n’ont qu’à bien se tenir . Et à distance s’il vous plait !

  Le regret dans cette distraction, malgré tout, est que le grand public tunisien « Saheb el himar« ( le propriétaire de l’âne), a un âne qui semble être un peu trop bas. N’importe qui, n’importe quand, lui monte dessus!  Chacun fait son numéro dans cette maison, quand il ne la respecte pas tout simplement au cours de sa visite, en s’essuyant les pieds dessus. Certainement de cette souveraineté là, dont en a parlé l’animateur de l’émission. C’est à dire, le choix de se laisser monter aussi facilement, par crainte de recevoir un coup de bâton même du plus vieux du village .

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Traduction du communiqué : « Je regrette en informant tous les frères, les amis et les jaloux pour protéger ce pays, que la télévision nationale s’est excusée en me privant dans ma participation dans le programme auquel j’étais invité cet après midi sur Al Watanyia 2. Ce programme dont il a été fait la publicité dans la presse écrite et électronique, parus hier, il me semble que l’annulation de ma participation a été faite sous la pression exercée de l’invité principal de l’émission monsieur Béji Caïd Essebsi. Ceci, rend compte de l’énorme dangerosité et de la situation de crédibilité de l’établissement public médiatique et d’information tunisien en général et de sa partialité, en violation du principe de respect de la liberté d’opinion et d’expression dans la diversité que la révolution faite par notre jeunesse a réussi à amener. Je m’adresserai à travers une lettre ouverte à l’opinion publique, à monsieur le président de la république, à monsieur le président du gouvernement, au syndicat national des journalistes, à l’association « Errabta », de la défense des droits de l’homme en Tunisie, à l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens, à toutes les organisations et tous les partis politiques pour éclaircir les raisons de ce refus de mon invitation dans une émission de dialogue, à laquelle on m’avait invité. Il faut savoir que la position, qui s’oppose à mon droit, revient au fait à mes positions concernant l’arabité et l’Islam, qui  sont connues par monsieur  Essebsi et par ceux qui l’ont chargé à cet effet et qui participent à l’émission citée. « 

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Un commentaire pour El Watanya, une télé tunisienne sous influences

  1. Adel Majri dit :

    قوية ياسر !!ياسر ياسر !!!؛؛ لم أستطع استضافته لأسباب حرفية وتقنية !! خاصةً تقنية ؟؟ لم يجد كرسي سادس ؟ أو ميكروفون سادس ؟؟ مقالك حبس لي مخي !! مؤسسة الإذاعة والتلفزة التونسية ،، كالبهيم القصير ، إلي يجي يركب عليها ،، !! أحسن من هذه السخرية لم أسمع !!!

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