Tariq Ramadan de Tunis.

Salah Ben Omrane  mardi 28 février 2012 à 13:10

   Nicolas Sarkozy avait reçu « une précieuse » recommandation de Jacques Chirac, la veille d’une émission de télé «Cent minutes pour convaincre», à laquelle le premier, devait y  participer au titre de vedette du plateau dans la 2 , chaine publique,  et elle concernait la présence de Tariq Ramadan. C’était en 2003. Le premier était le ministre de l’intérieur durant le quinquennat présidentiel du second. Jacques Chirac l’avait exhorté de faire attention en lui présentant Tariq Ramadan en interlocuteur «dangereux» et lui avait dit qu’il devait se méfier de lui .

  Au final, il n’y pas eu un véritable débat à la hauteur de la publicité qui lui était faite. En tous les cas, pas un véritable débat avec des questions réponses en face-à-face, comme on peut l’imaginer.  Des dispositions télévisuelles, à cette époque, avaient été prises pour faire réagir Tariq Ramadan  de l’extérieur, pour ne pas dire faire barrage, en laissant la vedette à  Nicolas Sarkozy qui avait dans cette condition, le privilège de se lancer à tout moment dans la caricature de la position de Tariq Ramadan sans lui offrir l’occasion de réagir à son tour. Le culte du résultat en laissant un impact d’ »un vainqueur » et d’ »un vaincu » auprès des téléspectateurs, primait sur le devoir d’informer et sur toute volonté réelle d’une recherche de clarification des propos de l’un par rapport à l’autre,  sur un sujet haut et vaste plus qu’une chaine de montagnes qu’est: la France et l’Islam . Le danger craint par le numéro un de l’exécutif à l’époque qu’est Chirac, a ainsi été évité. Tariq Ramadan n’a pas eu l’occasion d’emboiter la politique  gouvernementale en direction des musulmans de France, à la quelle le président de la République et son ministre de l’intérieur étaient associés , par les moyens d’un philosophe intellectuel  que tout un chacun sait sa force dans la persuasion .

   Lorsque nous voyons la poursuite de cette même politique de méfiance, au-delà de ce quinquennat Chiraquien, à l’égard non pas de ce qui est relatif à l’Islam mais contre même la  population française originaire de l’autre rive de la méditerranée, qu’aucune politique n’a pris véritablement ses problèmes et ses aspirations avec le sérieux auquel elle y a droit afin de pouvoir mener une existence dans la dignité, dans une ville respectée et respectueuse de chacun, on s’aperçoit que Tariq Ramadan pouvait en effet représenter un danger. Au début du quinquennat de Sarkozy, il y a eu l’antidote gouvernementale aux discours de Tariq Ramadan, qu’est Fadela Amara ,secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville. Elle a été éjectée par la suite en laissant place à la naissance d’une nouvelle philosophie dans une politique qui ne craint pas de dire publiquement par la voix de son  philosophe ministre de l’intérieur Claude Guéant et qui a affirmé fièrement: « Toutes les civilisations ne se valent pas ». Fadela Amara, pas « dangereuse » du tout,  a été éjectée,  en pertes et au profit d’une civilisation bien cotée en bourse. 

 Tariq Ramadan, le week-end dernier, a parlé à la population de Tunis en s’adressant aux Tunisiens et aux Égyptiens  qui se sont soulevés contres leurs dictateurs. Il les a exhorté à plus de vigilance et de méfiance à leur tour, à l’égard des alliés objectifs de ces dictatures qui s’écroulent. Il a répété que les dictatures tombent mais les souteneurs restent les inchangés. À son tour, Tariq Ramadan en a profité pour dire à ses auditeurs tunisiens «Vous êtes dangereux pour eux» en visant les régimes occidentaux pour qui, peu importe le parti ou la coalition qui tient les mannes du pouvoir dans l’État dans les pays en ébullition, du moment qu’ils restent dans la sphère de l’aliénation et de la servitude .

  Me Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre, lorsque Jacques Chirac était président, qui était également ministre pendant l’actuelle présidence de Nicols Sarkozy, a fait les frais en mesurant la dangerosité de cette population qui se soulève et se révolte. L’ironie de l’histoire est que Jacques Chirac a eu raison de voir « du danger » chez Tariq Ramadan et tous ceux qui lui ressemblent.

Tariq Ramadan invité de la librairie « Al kitab »:

Une Deuxième conférence à Beit Elhekma :

Les invités intervenants sont :

Hamadi Redissi :Professeur écrivain en sciences politiques, animateur de la rencontre.

Mehdi Mabrouk : Sociologue , Ministre de la Culture.

Tariq Ramadan : Écrivain, philosophe. 

Jean Baubérot ::Historien sociologue.

Youssef Seddik : philosophe et anthropologue

Neila Sellini : Professeur en civilisation arabe et spécialisée dans l’exégèse du Coran.

Abou Yareb Marzouki : Philosophe, écrivain .

Olfa Youssef : Écrivain , spécialiste dans la littérature arabe et les sciences humaines, linguistique psychanalyse

Cherif Ferjani : Philosophe. Spécialisé dans l’ Islamisme, la laïcité et les droits de l’homme.

Emna Jablaoui : Enseignante en traduction et en terminologie

Slaheddine Jourchi : Journaliste ,animateur et fondateur de clubs de réflexions.  

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