Ali Laârayedh ne promet que le principe d’abandon et sous conditions strictes

Salah Ben Omrane  24/10/2013  00:25

  Le Président du gouvernement tunisien M.Ali Laârayedh était impatiemment attendu par les journalistes depuis ce matin (11H00) pour une conférence de presse qu’il devait tenir, dans laquelle il annoncerait l’éventuelle démission de son gouvernement  ainsi que les modalités pratiques de  relais avec l’éventuel prochain et futur gouvernement.

   Dans l’après midi , on apprend que six gendarmes( bilan provisoire) ont été tués par des terroristes au cours d’un affrontement à Sidi Ali Ben Aoun dans le gouvernorat de Sidi Bouzid.

   Dans la même journée, Tunis la capitale a connu une grande manifestation dans son artère centrale où les manifestants ont réclamé la démission immédiate du gouvernement ainsi que celle de l’assemblée constituante. Cette manifestation était prévue depuis quelques semaines. Sa date correspond au premier anniversaire de la fin de l’échéance légale (le 23 octobre 2012) qui avait été accordée par les électeurs à des rédacteurs de la constitution, élus pour cette unique et seule tâche.

   M. Ali Laârayedh est arrivé à 20H00 à la conférence. Au brouillard et à l’ambiguïté dans lesquels nagent les tunisiens depuis un an, qui par ailleurs se sont révélés extrêmement préjudiciable pour l’économie, la paix sociale du pays et la confiance des interlocuteurs étrangers , le président du gouvernement a ajouté au flou encore un autre flou par le langage.

   Voici la phrase clef ( tirée et traduite de la vidéo) que tous les Tunisiens devront méditer dessus pendant plusieurs jours pour comprendre ce que voulait dire leur président du gouvernement, faute de ne pas pouvoir comprendre  ce qu’il venait de dire : « Nous, en tant que gouvernement nous renouvelons notre promesse avec le principe d’abandon, ou du principe d’abandon du gouvernement, dans le cadre d’un engagement et d’une complémentarité des différentes étapes qui ont été fixées par la feuille de route  et ceci, est la marche pour la réussite du dialogue national qui évite au pays le vide et le flou.« 

Avec une telle phrase, si énigmatique, incompréhensible, pour éviter le flou au pays, c’est réussi! On est encore un peu plus dedans.

 Au lieu de se perdre dans les ambages de la langue de bois, en arpentant des chemins logorrhéiques tortueux, n’aurait-il pas été plus simple de dire tout simplement : Nous restons là et que le meilleur parmi vous peut toujours essayer de nous déloger ? C’est le langage que tous les Tunisiens peuvent comprendre sans les pousser à jouer à la devinette  avec l’artifice du langage de la communication. Sans remplir davantage le vide qui enfle, qui enfle et qui enfle par les gesticulations d’un flagrant désespoir. Le langage clair est apprécié également par les interlocuteurs étrangers de la Tunisie qui attendent de voir ce pays quitter la zone du flou, pour prendre acte d’une véritable et tangible volonté de changer avec des responsables sérieux et crédibles à sa tête .

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