Le Dialogue national se prononce contre la loi

Salah Ben Omrane  30 novembre 2014   10:15

  Les têtes de deux organisations syndicales, celle des travailleurs (UGTT) et celle des patrons (UTICA), en compagnie du Bâtonnier de l’Ordre National des Avocats Tunisiens et du Secrétaire Général de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, se sont réunies, hier samedi 29 novembre, en concluant leur rencontre par un communiqué commun, non sans revendiquer que c’est une prescription d’urgence offerte aux principaux acteurs politiques de l’entre deux tours de l’élection présidentielle. Il a été lu par Mohamed Fadhel Mahfoudh, le Bâtonnier des avocats. Voici sa traduction :

« Incitent tous les Tunisiens et Tunisiennes à s’écarter de tout discours qui consiste à participer à la crispation dans le fait politique et de ne pas se laisser glisser vers les appels à la division.

► Appellent les deux candidats du second tour des élections présidentielles à l’apaisement et de s’affronter sur la base de programmes et de visions, dans le cadre de la loi, du respect mutuel et du droit à la différence.

► Appellent également, les politiques, la société civile, les cultivés et toutes les forces vives dans le pays, les moyens d’information à travailler pour répandre la culture de la tolérance, du respect de l’avis opposé et faire obstacle aux appels à la violence, la division entre les Tunisiennes et Tunisiens et d’éviter les provocations.

► Valorisent la réussite des efforts qui tendent à encercler le dialogue légal et politique en ce qui concerne la désignation du président du gouvernement et son report pour après les élections présidentielles. Un travail pour l’intérêt supérieur de la Tunisie. »

Moncef Marzouki, le Président de la république sortant, étant médecin de formation, il est apte, sans aucun conseil, pour mesurer comme il se doit la valeur symbolique de la rencontre organisée dans la hâte et du communiqué qu’elle a dégagé. L’essentiel, comme d’habitude dans toute prescription, est au fond de la seringue, à savoir das le cas présent, l’appel au report de la désignation du président du gouvernement ! Autrement, les quatre représentants des formations en réunion, eux qui, avec une incitation zélée au respect de la loi, s’évertuent par leur communiqué,  à encourager son non respect et demandent de faire une entorse à un article de la constitution qui indique sans aucune ambiguïté la marche à suivre dans la désignation du nouveau président du gouvernement par le président de la république.    

Les forces vives, qu’évoque le communiqué, dont peut déduire aisément que ses rédacteurs en font partie, c’est comme les vives des plages, elles sont là où on ne s’y attend le moins, tapis dans le sable, prêtes à planter leurs dards au pied du sortant de l’eau. On ne s’en méfie jamais assez. En revanche, certes la voix des forces neutres et patientes sont écrasées. Si elles sont inaudibles, les voix de la sagesse, de la raison et de la justice, c’est une erreur d’interpréter ce fait qu’elles sont mortes ! Puis, est-ce des façons de montrer l’exemple de respecter la constitution quand on se prétend faire partie de son élite pensante ? Qu’est ce qui anime ces intervenants, précisément maintenant, pour inciter au report de la désignation du président du gouvernement par le président de la république, que rien ne pourrait justifier objectivement, hormis des considérations partisanes politiciennes ? Laissons les autorités institutionnelles fonctionner normalement, celles que la constitution a défini clairement en attribuant un rôle à chacune et évitons que les officines s’incrustent qui tentent de dicter leur règles et que Dieu nous préserve de leurs bonnes intentions.

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