Résine à l’Assemblée des Représentants du Peuple

Salah Ben Omrane 13 janvier 2016 13:25

   Au moment où la Députée Samia Abbou aborde le traitement de la question féminine dans le programme de la nouvelle formation du gouvernement, la caméra se tourne vers un rayon des bancs de l’assemblée, focalise un instant magique qui tempère les propos de la locutrice à coups rythmés de mâchoires d’une députée en osmose sereine avec les arômes d’un chiclé.

 À cet instant précis, pendant l’opération de masticage, Samia Abbou couvrait d’invectives le traitement fait par le gouvernement de la question féminine. Elle n’a pas mâché ses mots en y voyant du mépris infligé à la femme dans la nouvelle composition gouvernementale.

 À rappeler malgré tout que la convocation du gouvernement par l’Assemblée des Représentants du Peuple a eu lieu sur le fondement d’un article de son de Règlement Intérieur. Une sorte de passage par les mâchoires de l’assemblée ne conduit pas forcément vers l’avalement d’emblée par l’ensemble des députés de toutes les prétentions d’un gouvernement re-malaxé.  Sauf,  qu’il y a risque de ballonnement, selon le même principe suivi d’ effets par toute gomme chewing-gum qui se mâche et ne s’avale pas. Elle n’est ni nutritive ni calorique. Elle peut diffuser des arômes, exciter les sécrétions salivaires sans  qu’on se soucie véritablement de sa composition néfaste pour la santé et finit par atterrir, généralement, en toute discrétion collée sous un siège.

Le même règlement intérieur de l’Assemblée des Représentants du Peuple interdit-il aux députés le mâchement du chewing-gum pendant les séances plénières?

 Il faut se résigner qu’il ne pipe pas un mot sur cette résine. Le Code de la fonction publique, non plus. Cependant, voir une Députée mâcher du Chiclé dans les bancs de l’assemblée peut être choquant, dégradant pour la réputation de la haute assemblée qui lui fait coller au dos le sceau gluant d’un comportement irrespectueux pour la fonction de député dans sa présentation publique et pour les collègues voisins, pour qui le voisinage d’un métronome visuel et sonore, combien même il se retient de ponctuer la séances par des bulles, forcément, constitue un désagrément.  Ceux qui sont censés être les premiers à se soucier de la discipline, à en faire un ouvrage constitué par des lois, ne peuvent s’y atteler à la tâche en étant les moqueurs.

 En France, à Toulouse, en 2010, une employée vendeuse d’un grand magasin, a été licenciée pour avoir mâché du chewing-gum pendant ses heures de travail. Ceci, après des mises en garde, à plusieurs reprises, faites par son employeur qui lui avait rappelée le règlement intérieur, faisant obligation d’une présentation soignée. La Cour d’Appel avait estimé que le licenciement était de nature justifié.

 Heureusement que les députés ne sont pas soumis au même Code de travail que les salariés et que les règlements intérieurs sont élastiques d’un secteur à un autre et d’un pays à un autre. Il est de droit de mettre à profit ce ventre mou de l’assemblée en le consacrant à plein régime, à de la résinience!

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