Laurence Rossignol, ministre française des Droits des femmes, dans tous ses états contre le vêtement musulman

Salah Ben Omrane  04 avril  2016  14:25

   la ministre française des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, mercredi dernier, au micro de RMC (voir vidéo en bas de page),  a exprimé sa désapprobation avec véhémence, la tendance chez les fabricants de vêtements féminins de certaines grandes marques qui mettent en vente dans leurs magasins des vêtements, que la ministre, accuse de correspondre à des « lignes islamiques, qui sont dangereuses pour les droits et libertés des femmes en France ».

image 1 du document RMCElle dit aussi qu’elle «a été frappée par l’argument que donnent ces marques …“Que c’est juste des vêtements, qu’elles (sic) ne font la promotion d’aucun mode de vie » comme s’il y avait une dissociation entre les vêtements et le mode de vie », puis elle ajoute que  «L’enjeu c’est le corps des femmes!».

De son avis : «Ils se mettent en retrait de leurs responsabilités sociales et d’un certain point de vue, ils font la promotion d’un certain enfermement. »

Image 2 du document RMCArrive ensuite, un torrent d’interprétations et un étalage de préjugés qui entourent la situation qu’elle venait de décrire.  Dans le vif de la conversation avec Jean Jacques Bourdin, on l’entend déclarer: «Des femmes sous la pression sous l’emprise grandissante de groupes salafistes qui se sont mis en situation de dire aux musulmans de France: Voilà qui est un bon musulman et qui n’est pas un bon musulman et en fait ces musulmans qui ne demandent qu’à vivre . 4 millions et demi de musulmans qui vivent en France et qui ne demandent qu’à vivre dans le respect des lois de la république mais aussi dans le bénéfice des lois de la république

[Notre remarque : D’où elle sort le chiffre des  4 millions et demi de musulmans qui vivent en France ?

Dans l’article 8 de la loi, dite « loi informatique et libertés », il est pourtant précisé ceci: «Il est interdit de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou l’appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci.»  Qu’en conséquence, enfreindre cette loi peut conduire à une peine de prison de cinq ans et 300 000 euros d’amende.  Le Maire de Béziers, Robert Menard , avait été entendu par le service de police judiciaire à la suite de ses déclarations à la télé,  sur l’existence de statistiques ethniques en ce qui concerne les enfants scolarisés qui pourraient être de confession musulmane dans sa ville. La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, n’est pas au dessus de la loi et ne peut pas l’être.]

Image 3 du document RMCEn habile animateur de débat, J.J. Bourdin,  lui lance une buche avant que le feu ne s’éteigne , ceci : «Ce sont de grandes marques qui mettent ces femmes à la devanture.». Sur ce, elle lui rétorque: «Mon rôle c’est d’aider les femmes qui résistent à l’emprise des salafistes dans les quartiers…le mot emprise qu’on utilise pour les sectes est un mot qu’il faut utiliser pour l’emprise salafiste … Nous avons le devoir de garantir à tous ceux qui vivent en France et aux franco-musulmans qu’ils y vivent bien . Qu’ils y vivent bien, c’est de les protéger »

[Notre remarque : Qu’entend la ministre par Franco-musulmans? Être de religion musulmane, est-ce une nationalité à part entière pour la ministre ou une seconde nationalité lorsqu’un français est musulman ? Y-a-t-il, peut être, un accord maintenu secret avec l’État islamique, dans lequel il est spécifié que pour tout musulman dans le monde, il est a obligatoirement attribué la nationalité de cet État?  ]

Image 4 du document RMCPuis survient le dérapage qui a soulevé le vent de révolte contre ses propos, lorsqu’elle s’est exprimée ainsi«Il y avait des nègres afric..américains qui étaient pour l’esclavage, hein !»

[Notre remarque : Quel parallèle fait par la ministre, entre des filles musulmanes  qui s’achètent des vêtements qu’elles estiment correspondre à leurs goûts et à leurs convictions avec l’histoire de l’esclavage aux États-Unis ? Et quel lapsus avec « les nègres afr. »?

Il y a en effet un véritable problème d’éloquence si véritablement, il y a l’intention de régler un phénomène de société, peu importe qu’on soit pour ou contre la propagation de la ligne de vêtements que la ministre est venue dénoncer.Comment peut-on croire un instant qu’en traitant une cliente, en assimilant son geste  à un comportement d’esclave « nègre » des États-Unis qui tient à se maintenir en esclavage, que cette cliente ne perçoit pas ce parallèle comme une insulte ? Comment aller piocher dans l’outre atlantique des situations du passé qui n’ont pas de lien  avec les problèmes en France sans offusquer l’Ambassade des États-Unis en France ? Que chacun garde ses problèmes l Puis enfin,  comment rendre les ministres un peu plus crédibles et sérieux quand ils abordent publiquement un phénomène de société et qu’ils se trouvent désarmés d’éléments de langage, démunis de rhétorique, par ailleurs, bien audacieux et fort téméraires ? ]

Et pour conclure son intervention, elle disait : «On ne peut pas admettre que de grandes marques investissent ce marché et en fin de compte mettent les femmes musulmanes dans la situation de devoir porter ça. C’est la pression qui est faite sur elles. C’est irresponsable de la part de ces marques »

 Nul ne peut dire, à ce jour, le temps que va durer cette fenêtre ouverte à l’excès et à la surenchère de langage, conséquence d’une logique, confortablement installée, qui fait le lien entre les actions criminelles-terroristes meurtrières et les réponses accusatrices tournées vers l’islam religion. C’est l’islam politique qui est visé, on vous dit! Sauf que, seuls les criminels-terroristes trouvent leurs comptes et peuvent se satisfaire par cette réponse. Car ainsi, ils ont été reconnus comme musulmans alors que les musulmans les dénigrent et les traitent de criminels. Puis, si les musulmanes se mettent à se faire belles dans des beaux vêtements colorés et non hideux et mornes et que les commerçants y trouvent leur compte, il est compréhensible que certains trouvent que c’est révoltant!

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