Hizb Attahrir a rendu caduque sa demande de tenue d’un congrès

Salah Ben Omrane  mardi 07 juin 2016  17:10

kalaila wa dimna     Adhérents et sympathisants du Parti tunisien Hizb Attahrir (حزب التحرير ) – parti reconnu et légal depuis juillet 2012 – avaient trouvé portes closes en se rendant, samedi 04 juin, au Palais des Congrès de Tunis, lieu prévu où devait se tenir cette année, leur rassemblement annuel.

Leur slogan, conçu et dédié pour la grande manifestation « Le prochain califat sauvera le monde« .

tahrir  Une chance qui arrive très rarement lorsqu’on réclame quelque chose, et pas des moindres puisqu’il s’agit du Califat, qu’on y prévoit un congrès rassembleur de ses ouailles, moyen de pression, haut et fort et par le nombre, est d’obtenir satisfaction, une réponse digne de califat par sa nature qui rend le maintien de l’évènement un fait inutile et incongru.

Comment Hizb Attahrir a réussi à obtenir satisfaction ?

En jouant sur deux tableaux:

– Celui de la société civile constitutionnelle qui a pour principale norme, la séparation des pouvoirs dont ceux du judiciaire et de l’exécutif. Le même parti y a cru, puisqu’il avait introduit un recours à l’encontre de la décision administrative qui lui avait interdit le déplacement pour la manifestation du congrès. Il a même réussi à obtenir son annulation par une décision du tribunal administratif. Le parti est sorti irréprochable, plus blanc que neige, par le filtre d’un administration qui bénéficie d’une réputation d’indépendance et d’intégrité. Cette dernière a fait sauter le verrou-blocage qui interdisait le congrès.

-Celui de la société sous le règne d’un Califat. Ce qui caractérise fondamentalement le règne par le Califat, est que l’autorité politique ne prend pas source du peuple par le moyen d’un suffrage ni d’aucun autre mode dit : une voie démocratique. Elle est la concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un chef, un seul, qui n’est pas un élu mais un désigné par un autre chef plus haut que lui dans la hiérarchie : le Calife.

1° Le Gouverneur en Tunisie, comme dans un califat n’est pas un élu du peuple et de la région. Il est un désigné !

Le gouverneur de Tunis, un désigné par ses supérieurs dans l’exécutif. Il est intervenu dans l’affaire en fermant le palais des Congrès, évoquant que le rassemblement porte atteinte à l’ordre public, en se référant à l’article 7 de l’arrêté sur l’état d’urgence. Il a ajouté au micro Shems Fm, que la décision a été prise sur constat du contenu sur les affiches, pancartes et autres avis distribués dans les mosquées par le même parti, jugé en violation flagrante aux dispositions de la constitution, porteur atteinte aux organes de l’État, aux principes constitutionnels et contraire au climat de paix.

2° Dans un califat, la fonction de Gouverneur se confondait avec celle du Juge (même individu).

Le parti Atahrir ne pouvait pas rêver mieux que de voir une véritable décision de califat, c’est à dire qui émane d’un chef qui administre en gouvernant et qui décide en jugeant. De ce cumul de fonctions, le parti qui réclame le califat ne peut que s’en réjouir puisqu’il répond à sa demande principale et majeure et en substance qu’est l’instauration du califat et qui rend caduque la question sur la tenue ou non du congrès . À sa demande de Califat, il a obtenu une réponse de califat!

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