Le remaniement ministériel en Tunisie

Salah Ben Omrane  07 janvier 2016  22:30  Essebsi Essid

  Le gouvernement de Habib Essid, installé depuis le 06/02/2015, n’ a pas eu le temps de souffler sa première bougie, qu’il vient de subir un remaniement. Les ministères concernés par les nouvelles nominations, sont: Le ministère de l’intérieur, la justice, la Culture, les Affaires religieuses ainsi le ministère des Affaires Étrangères.  À la même occasion, décision prise de supprimer tous les postes de Secrétaires d’État, à l’exception de celui de Secrétaire d’État au gouvernement.

 Que peut-on dire à propos de ce rééquilibrage, qui ne surprend personne, autrement que le chef du gouvernement et le Président de la République ont tous les droits d’effectuer les remaniements qu’ils souhaitent, y compris en faisant entrer au gouvernement les personnes de leurs choix, qu’en revanche, au revers de ces prérogatives, il y a des obligations de chefs et de responsables de l’exécutif dans l’appareil de l’État.

L’Article 91 de la constitution attribue au Président du gouvernement de fixer « la politique générale de l’État ». S’agissant d’un remaniement, le Président du gouvernement, toujours suivant la constitution, est dispensé de présenter un exposé de son programme devant l’Assemblée des représentants du peuple afin de requérir la confiance de l’Assemblée,. Le vote a déjà eu lieu et le gouvernement poursuit sa route.

 Le même chef du gouvernement, il y a quelques mois, a fait preuve de la détermination qu’il entend faire respecter auprès de ses ministres, qu’ils sont au service de sa politique et que leurs ministères sont subordonnés aux choix et aux décisions du sien. Mohamed Salah Ben Aïssa, qui était le ministre de la justice, il a eu le temps de réaliser cette réalité à ses dépens lorsqu’il a été démis de ses fonction sur un simple coup de fil de Habib Essid, le même Président du gouvernement. La docilité n’est pas une qualité, elle est une exigence.

 Par ailleurs et contrairement à ce qui s’entend, ce gouvernement, n’est pas un gouvernement de transition. Il est un gouvernement installé suivant des règles constitutionnelles et il n’a aucune obligation qui le soumet à nouer des liens de parenté ou des contacts avec un cercle d’entente voire même des institutions, autres que celles énoncées par la même constitution. Il n’est pas un gouvernement « d’Union » au mépris de ceux qui réclament des qualités de représentativité de partis politiques selon un critère de quota dans le choix des ministres.  En un mot, c’est un gouvernement qui a des responsabilités dans la conduite des affaires du pays,  et il est une erreur de noyer cette fonction, cette responsabilité, dans des considérations révolues, avec l’habitude qui ne manque pas de pointer le bout de son nez à chaque occasion, en faisant démonstration que la réussite est individuelle alors que la défaite est collective.

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